Bienvenue les GA ! (t’es Gentil.le et Alors ?)

post on 1 mai 2014
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Enfin un site sur la gentillesse !

Si vous êtes gentils ou que vous avez l’intention de l’être encore +, rejoignez-nous !

☼ La gentillesse c’est bon pour tous ☼

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Actes de gentillesse

post on 20 février 2014
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actes de gentillesse

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Gentillesse et optimisme : 2 poisons ?

post on 13 février 2014
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Traditionnellement, les premiers jours de chaque année sont propices à une introspection salutaire comme à un tour d’horizon général pour apprécier les grandes tendances et orienter nos actions. Les idées noires sont mises au placard. Fleurissent les souhaits de bonheur et de prospérité qui font voir la vie en rose, dans un monde merveilleux qui n’est que gentillesse et sollicitude. Ce n’est pas de l’hypocrisie, mais un réel besoin de resserrer nos liens sociaux de façon quelque peu rituelle.

Pourtant, aujourd’hui, ces bons vœux répondent en écho à une tendance délétère apparue depuis quelque temps dans l’univers du management et qui vient flatter notre propension naturelle à chercher le bien partout.

Oui, vous avez bien lu, il n’y a pas d’erreur. « Chercher le bien partout » est devenu un must en matière de bien-pensance. Il y a quelques décennies, un certain Jean Yanne en avait perçu les prémisses et avait produit un pamphlet cinématographique décapant intitulé « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Je ne peux m’empêcher de réentendre cette formule à la lecture de tous ces articles qui continuent à alimenter trop souvent la littérature managériale : soyez des cadres (ou des patrons d’entreprise) gentils et optimistes, et tout ira bien.

La gentillesse n’est ni une vertu, ni un vice du management.

Elle est simplement hors champ. Et pourtant. Il est devenu coutumier de parler de « manager-coach », d’empathie avec ses équipiers, d’écoute. Tout cela est bel et bon. Mais largement insuffisant pour manager. Les cadres, nous dit-on, seraient pris dans un faisceau de contraintes allant, pêle-mêle, de la tradition centralisatrice française à la dictature de la finance en passant par les exigences de la génération Y. La réponse à ces contraintes serait de manager avec empathie, véritable écoute, sens du partage et générosité. Et les seuls qui se plaindraient de l’excès de gentillesse des cadres seraient leur propre management, qu’il faudrait donc éduquer, et non leurs collaborateurs. Eh bien, tout ceci est faux.

Les cadres ont un rôle de direction, pas d’assistants sociaux.

Et, en matière de « direction », la gentillesse n’est pas d’une grande aide. La très grande majorité des entreprises entre aujourd’hui, de par le contexte économique particulièrement incertain, dans une période de gros temps. Aux prises avec une concurrence rendue plus dure par le ralentissement de l’économie, avec des coûts de transports, d’énergie ou de matière première qui ont plutôt tendance à augmenter, avec des revendications exutoires de l’inquiétude, les chefs d’entreprises et leurs cadres doivent avant tout tenir ferme la barre et rassurer leurs équipages.

Qui donc, sur un navire pris dans la tempête, confierait son avenir à un commandant « gentil » ? Non, c’est l’autorité – à condition qu’elle soit réelle et juste – et la compétence qui pourront rassurer. N’en déplaise aux spécialistes de l’innovation en matière de quotients – du QI au quotient émotionnel ou au quotient relationnel -, ce qui peut aider les cadres à jouer le rôle que toute l’entreprise attend d’eux, ce n’est pas une réflexion sur la gentillesse, mais des repères réels, concrets, pragmatiques sur les attributs de leur autorité et des outils pratiques pour l’exercer de manière juste et efficace. Il s’agit de retrouver du bon sens : « un chef, c’est fait pour cheffer », me disait un jour un jeune embauché – génération Y – en m’expliquant ce qu’il attendait de sa hiérarchie. Alors, aidons-les à assumer leur rôle d’autorité plutôt que de continuer à distiller des idées délétères.

L’optimisme, ressource ou poison ?

Dans le même ordre d’idées, on lit parfois que la multitude de problèmes que nous voyons apparaître aujourd’hui dans nos entreprises et plus généralement dans nos sociétés ne serait finalement due qu’à… des esprits mal-tournés de « fauteurs de problèmes ». Et d’entonner le fameux aphorisme « il n’existe pas de problèmes, il n’existe que des solutions ». Belle façon de renvoyer aux oubliettes ceux qui pointent du doigt les véritables difficultés et de culpabiliser ceux qui ont la faiblesse de les écouter !

Car enfin, à qui fera-t-on croire que la complexité accrue de notre monde ouvert, que la fin avérée d’un modèle de croissance facile grâce au crédit ou que l’exacerbation des tensions culturelles, pour ne citer que les plus manifestes des caractéristiques de nos temps troublés, ne posent pas de vrais problèmes pour lesquels l’optimisme n’est pas d’actualité. Voir dans l’optimisme une ressource pour traiter les problèmes est au mieux hors sujet, au pire une incitation coupable à l’aveuglement.

Ni optimisme, ni pessimisme, mais lucidité et espoir.

Là encore, la bien-pensance, qui veut qu’un esprit tourné vers les solutions et résolument optimiste soit plus efficace qu’un esprit noir, est une source à la fois de catastrophes potentielles et de stress inutile pour les managers qui veulent bien faire leur travail. « Gardez le sourire ! » est une injonction terrible dans notre monde d’aujourd’hui. Oui, la situation économique aujourd’hui est très dangereuse pour nos entreprises. Oui, les problèmes qui nous assaillent sont nombreux, graves et potentiellement mortels. Et ce n’est pas une raison pour perdre espoir ! Car à l’ode à l’optimisme qui semble devenir un refuge bien confortable, je préfère de loin le paradoxe de Stockdale : « Vous ne devez jamais confondre votre foi en un dénouement heureux (que vous ne pouvez jamais vous permettre de perdre) et la discipline que vous vous imposez d’affronter les aspects les plus durs de votre réalité présente, quels qu’ils soient ».

Jim Stockdale (1) s’est forgé sa conviction dans les conditions extrêmement dures qu’il a vécues comme prisonnier de guerre au Vietnam. Il souligne comment, dans ces conditions, les optimistes qui cherchaient à rassurer leurs camarades à tout prix faisaient bien plus de mal que de bien. Et pour ce qui concerne l’entreprise aujourd’hui, il existe bien des façons de mettre en œuvre le principe de Stockdale dans le management : il n’est que temps de s’y employer.

Attention aux idées reçues.

Hannah Arendt disait : « Heureusement que nous avons des préjugés, parce qu’autrement, il nous faudrait refaire à chaque décision la totalité du raisonnement pour produire un jugement ». Si je partage avec Hannah Arendt la conviction que, pris dans ce sens, les préjugés nous sont utiles, je suis également convaincu qu’elle aurait pu ajouter, en regardant notre société d’aujourd’hui, que les idées reçues, à l’inverse, obscurcissent notre jugement ! Car, les préjugés sont construits patiemment par des générations successives, alors que les idées reçues partagent avec la mode la double caractéristique d’être éphémères et imposées par une élite autoproclamée.

Alors, puisque nous entrons dans une zone de tempête qui n’est pas près de s’arrêter, n’ayons pas peur de chercher dans les générations passées les fondamentaux, les « préjugés » qui ont permis de faire face aux tempêtes du passé. On n’y trouvera ni la gentillesse généralisée, ni l’optimisme béat !

En cette nouvelle année qui commence, je souhaite à tous lucidité sur le présent et foi dans l’avenir !

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Noblesse de l’intelligence

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La délicatesse ou l’art de toucher

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Dans le sillage de la gentillesse, mise à la fête le 13 novembre, la délicatesse connaît un succès immense sous la forme d’un titre de roman, bientôt porté sur les écrans. Serait-ce un nouveau signe d’indignation face à la frénésie du monde et à sa brutalité ? Ou ne faut-il voir là qu’une tendance éphémère qui remettrait au goût du jour une vertu désuète ? La délicatesse est-elle une vaine promesse vintage ou bien le sésame vers un oasis de douceur et de raffinement ?

C’est en tous cas le sens de l’étymologie du mot, formé à partir de « délice », qui suggère le plaisir tout autant que le charme. Le délicat est délicieux, il ravit les sens et l’âme. C’est l’œuvre de la nature, l’aile de la libellule, le nuage évanescent, la saveur du miel, la transparence de la peau. C’est l’œuvre de l’amour, c’est encore l’ouvrage de la brodeuse : « Considérez ces panneaux merveilleusement colorés, écrit Paul Valéry. Leur éclat les apparente aux plus merveilleuses productions de la vie, aux élytres, aux plumes d’oiseau, aux coquillages, aux pétales. Nulle peinture ne peut atteindre à ces forces ni à ces délicatesses que les brins de soie savamment associés font paraître. » Née de la constance, la délicatesse est le fruit des heures. Vertu patiente, elle rejoint la tendance du Slow way of life.

Mais ces voluptés sont bientôt mises à l’épreuve de la fragilité. Delicatus, c’est aussi le fin, le ténu, le délié – comme on parle de la partie la plus gracieuse et la plus fragile d’une lettre calligraphiée. La faiblesse menace : le sensible se fait bien vite difficile. Ce double sens apparaît en cuisine : un met délicat est recherché, raffiné, source de plaisir et il faut, pour le goûter, un palais tout aussi délicat. Mais point trop n’en faut, car l’homme délicat, le trop délicat, le difficile dans ce cas, sera dégoûté de tout.

Triomphe de la sensibilité, la délicatesse est au bord de l’abîme de la sensiblerie. Le philosophe empiriste anglais, David Hume, distingue ainsi entre la délicatesse de passion (une trop grand sensibilité) et la délicatesse de goût qu’il s’agit, elle, de cultiver pour apprécier le beau. Le sensible pourrait ainsi cesser de pâtir de ses émotions trop vives en s’habituant à apprécier les belles choses et dompter ses réticences à la fréquentation de l’agréable.

L’âge classique donna à cette forme de finesse ses lettres de noblesses. Inspirée par des vertus féminines, elle s’épanouit dans l’art de la conversation à la française. Dans ces salons, la parole se faisait délice, portée par la grâce de l’esprit. La délicatesse devint alors une force, un exercice d’agilité à la fois esthétique et rhétorique. Pourtant la préciosité la fit tomber en disgrâce, coupable d’insincérité. L’apprêt contredisait le naturel et le souci esthétique interdisait l’élan du cœur. La recherche de l’agréable avait fait oublié l’attention à l’autre. Car tel est le savant équilibre qui guide le geste réellement délicat, sans fard.

La délicatesse est bienveillante et c’est en cela qu’elle est charmante. Roland Barthes dans ses Fragments d’un discours amoureux la définit ainsi comme la forme « saine », c’est-à-dire « civilisée, artistique de la compassion ». Compatir sans lourdeur, toucher sans appuyer, tel est la grâce de cette vertu du funambule, vertu sur un fil, qui avance à pas légers – alors que le maladroit met les pieds dans le plat. La délicatesse serait affaire de gestes, légers – telle la caresse. Elle se nourrirait se bonnes sensations plutôt que de bons sentiments, elle rejoindrait le tact, plutôt que la politesse. « Délicatesse voudrait dire distance et égards, absence de poids dans la relation et cependant une chaleur vive de cette relation. », écrit encore Roland Barthes dans Comment vivre ensemble ? Ce pourrait être alors un art de la présence – le contraire d’une rêverie mièvre.

Source : Cles.

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La gentillesse désarmante

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La galanterie ? c’est quoi déjà ?

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Si j’ouvre mon petit dico voilà la définition que j’en trouve : « Galanterie : Disposition à se montrer courtois envers les femmes, à les traiter avec déférence, à les entourer d’hommages respectueux, d’aimables prévenances. » En lisant ceci je me pose moultes questions, qu’est il advenu de ce qu’on appelle la galanterie ?? Est ce que dans la salle quelqu’un à la réponse ??!

Nan parce que dans ma résidence y’a tout un régiment de goujats qu’à élu domicile sur place c’est pas possible autrement. Déjà y’a celui qui te voit chercher desespérément tes clefs au fond de ton sac que tu tiens péniblement entre les dents parce que t’as les bras chargés et qui ne vient même pas t’ouvrir la porte. Enfoiré.

Tu serais toute bronzée à l’aéroport que ce même pauvre type se jetterait sur tes valises pour t’aider que là vu que tu reviens juste d’Auch’ et que t’as le teint blafard ben t’es obligée de te démerder toute seule. C’est du beau.

Après t’as celui avec qui tu prends l’ascenceur et qui arrivé au rez de chaussée s’empresse de descendre avant toi genre il a pas remarqué ta présence en montant. C’est du high level ça y’a pas à dire.

galantPour finir je balance l’indélicatesse de la journée, ‘fin de la matinée quoi … en arrivant au boulot mon collègue a badgé pour ouvrir la porte et est entré AVANT moi … honteux n’est ce pas ???!! Honteux oui. Déjà que la veille vu qu’on covoiture (oué parce que c’est mon voisin … cf plus haut) il a même pas eu la décence de m’avertir qu’il pleuvait lors de son harcélement téléphonique matinal (ayé t’es prête ???!!). Tu vois pas que j’ai dû courir comme une tarée jusque sa bagnole et que de sa faute j’avais même pas de parapluie !! On vit dans un monde de malade moi je dis. Pis c’est quoi ce délire de m’appeller pile à l’heure où on doit partir …. il croit quoi ? que quand je décroche je tiens le téléphone entre mon oreille et mon épaule pendant que je finis de lisser mes cheveux ??? Ben il aurait pas tort de le penser figure toi.

Pardon pour la digression mais franchement la galanterie est en voie de disparition tu trouves pas ? Evidemment si t’es un mec tu vas répondre non. D’ailleurs si t’es un mec je ne te demande même pas ton avis en fait.

Bon j’ai certes tendance à obscurcir le tableau mais à tout casser y’en reste encore 2-3 à peu près civilisés. Pas plus que ça non. Dans les survivants on trouve par exemple ces maladroits damoiseaux qui te stressent en te tenant la porte alors que t’es encore à 20 m de l’entrée et que du coup tu te demandes si tu dois continuer à marcher à ton rythme et entrer comme une Princesse ou accélérer un peu pour éviter de lui faire regretter son geste avenant. Pas facile d’être une fille j’ai envie de te dire.

Ah oui, j’ai oublié de te raconter la fois où je me suis rendue aux commodités dans un bar de supporters de foot … me demande pas ce que je foutais là, moi même je n’en sais fichtrement rien, bref. J’en ai vu certains faire preuve d’une galanterie ahurissante, genre me dégager le passage pour que je puisse me rendre sans encombre à l’endroit cité précédemment.

J’ai donc pu progresser tranquillement entre ceux qui braillaient « laisse passer madame !! » et ceux qui parallèlement écartaient leurs camarades de ma route. Ce jour là je m’étais d’ailleurs auto proclamée Reine des Gueux. C’est-y pas mignon ?

Devrais je pour autant fonder tous mes espoirs sur des piliers de comptoirs accessoirement supporters de foot ? Je ne pense pas non. C’est donc encore plus grave que je ne le pensais.

PS: Pardon collègue que je maltraite dans ce billet, je t’aime bien quand même tu sais … pis c’est pas un temps à prendre le bus pour une fille comme moi. Tu me ferais pas ça hein ???

Source : MarieClaire.

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Doux comme la gentillesse

post on 9 janvier 2014
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doux comme la gentillesse

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Synonymes de gentillesse

Voici une longue liste de synonymes de la gentillesse ; j’aimerais que vous nous disiez tout ce que ça vous inspire, êtes-vous d’accord avec ces mots ? si vous connaissez d’autres synonymes, n’hésitez pas à nous les communiquer sur le site !

synonymeségards amabilité attention bienveillance bonhomie grâce

bonté caresse civilité complaisance compliment douceur

empressement finesse galanterie générosité gracieuseté

honnêteté joliesse noblesse plaisanterie prévenance

sensibilité serviabilité sympathie tendresse

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La galanterie française

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Parlons d’un synonyme de la gentillesse : la galanterie !

La quoi ? oui la galanterie vous avez bien entendu – enfin je veux dire vous avez bien lu ! Existe-t-elle encore aujourd’hui ?

Tant il est vrai que depuis que le mot est entré dans l’usage, au début du XVIIe siècle, pour caractériser les rapports entre hommes et femmes, la galanterie a été considérée comme un trait spécifique de la civilisation française, et tant il est vrai aussi que, sitôt apparue, la galanterie française a été déplorée comme une valeur disparue.

Cette galanterie française, qu’est-elle donc ?

C’est au XVIIe siècle qu’il faut remonter pour en trouver une première description, au XVIIIe siècle qu’il revient d’en avoir scruté la philosophie.

« Nous, Maîtres souverains de la Galanterie – écrivait en 1644 Charles Sorel-, avons arrêté qu’aucune autre Nation que la Française ne se doit attribuer l’honneur d’en observer excellemment les préceptes, et que c’est dans Paris, ville capitale en toutes façons, qu’il en faut chercher la source. » Entrée dans l’usage un peu plus tard, l’expression de « galanterie française » qu’on trouve en 1675 chez Mme de Villedieu devient courant au siècle suivant. En 1835 le Dictionnaire de l’Académie donne droit de cité à l’expression « galanterie française » et, dix ans après, le dictionnaire de Bescherelle la reprend avec un commentaire flatteur: « La galanterie française est célèbre dans toute l’Europe. »

galanterie

Quelles formes ce qu’on a appelé du nom commun de galanterie a-t-il prises au cours des siècles?

XVIIe siècle

La première moitié du XVIIe siècle est une période clé de ce que nous appelons la galanterie collective puisqu’il s’agit de l’atmosphère de toute une société. Cette galanterie collective pose le décor dans lequel pourront naître des relations marquées par la galanterie personnelle. Si le terme de galanterie ne prend que progressivement un sens restreint aux relations entre hommes et femmes, la réalité que désigne ce sens est bien plus ancienne que lui: dès le Moyen Âge, la France est le domaine d’élection de jolies manières des chevaliers envers les dames et de l’attention qu’ils leur portent. Ce qui caractérise, au Moyen Âge , le « service » du chevalier envers sa dame, c’est que pour elle, on le sait, il accomplit des exploits.

astreeS’impose alors très fort l’idée de la politesse due aux dames; de nombreux manuels de civilité comme L’Astrée et d’autres romans, en prônent la nécessité. On voit, dans L’Astrée, des amoureux se faire chevaliers errants afin de devenir dignes de leur belle. Cependant dans le Dialogue, Chapelain résume l’opposition entre la galanterie médiévale et celle qui s’instaure de son temps : au Moyen Âge, on prouvait sa passion par la recherche des dangers, par du sang et par des victoires; aujourd’hui, on ne la prouve « que par des coquetteries et des assiduités ou, au plus, que par des collations, des musiques et des courses de bague ».

Ajoutons par l’art de la parole. Désormais, parler aux dames devient une partie essentielle du savoir-vivre. Et de quoi leur parlerait-on sinon d’amour? Plus intéressante est l’exigence du piment de l’esprit dans l’expression galante. « Il est malaisé -écrit Chapelain- qu’il y ait une galanterie où l’esprit n’ait point de part, et qui soit entièrement dépourvue de grâce ».

Habitude d’un comportement toujours respectueux envers les femmes; art de leur plaire en les louant avec esprit, ces éléments qui s’interpénètrent de manière variable définissent la pratique de la galanterie au milieu de XVIIe siècle. Aucun de ces éléments n’allait disparaître tout à fait, ce qui explique l’extrême ambiguïté dont se charge le terme. Mais cette ambiguïté allait croître encore par le développement, à partir de 1660, du côté « jeu » de la galanterie. C’est une nouvelle conception de la galanterie dont le respect de la femme ne fera plus partie -même si on en garde les apparences- et où l’homme ne cherchera plus, à travers les rites du compliment, que son propre plaisir ou ses propres avantages. Cette galanterie est puissamment représentée par Molière dans Le Misanthrope : « Quelque rare que soit le mérite des belles, Je pense, Dieu merci, qu’on vaut son prix comme elles ».

XVIIIe siècle

galanterie XVIIIUne fois la galanterie française sommairement définie par quelques préceptes de bases, restait à la comprendre dans son essence et à la juger: c’est à quoi le siècle des philosophes allait s’employer. Le très remarquable article que Diderot consacre à la galanterie dans l’Encyclopédie s’attache à l’aspect sociologique de la question.

Au XVIIIe siècle le lien entre chevalerie et galanterie est fortement mis en lumière. Dans L’ Esprit des lois Montesquieu place ce lien dans l’imagination romanesque: « Ainsi naquit la galanterie, lorsqu’on imagina des hommes extraordinaires, qui, voyant la vertu jointe à la beauté et à la faiblesse, furent portés à s’exposer pour elle dans les dangers et à lui plaire dans actions ordinaires de la vie. Nos romans de chevalerie flattèrent ce désir de plaire et donnèrent à une partie de l’Europe cet esprit de galanterie que l’on peut dire avoir été peu connu des anciens. »

Protecteurs et vengeurs par définition de toutes les victimes de la force injuste, les chevaliers se trouvèrent amenés à consacrer leur force au service de dames. Amour et prouesse concluent ainsi une alliance; développer les qualités les plus viriles pour en faire hommage à une belle dame devient le principe de la vie sociale. En son temps, cela s’appelait courtoisie, non galanterie, mais le terme nouveau est appliqué sans hésitation à la réalité ancienne.

Autant que de l’origine de la galanterie, on se préoccupe au XVIIIe siècle de la juger. Faut-il lire plutôt le blâme ou plutôt l’éloge quand Montesquieu assure que le désir général de plaire aux femmes « produit la galanterie, qui n’est point l’amour mais le délicat, mais le léger, mais le perpétuel mensonge de l’amour »? On ne sait pas très bien.

Le XVIIIe siècle allait, également, retenir et développer un aspect: l’influence des femmes dans la vie sociale: Mme de Lambert, Mme d’ Epinay sont des femmes dont on sait fort bien qu’elles ont favorisé des rencontres. D’autres femmes, maîtresses royales ou maîtresses de ministres, Mme de Pompadour, Mme de Châteauroux ont joué souvent un rôle déterminant dans les affaires de l’État. Ce pouvoir féminin s’exerce sur tous les domaines. Montesquieu observe qu’elles gouvernent tout : « Celui qui est à la Cour, à Paris, dans les provinces, qui voit agir des ministres, des magistrats, des prélats, s’il ne connaît les femmes qui les gouvernent, est comme un homme qui voit bien une machine qui joue, mais qui n’en connaît point les ressorts. » , Lettres persanes

Trois traits majeurs caractérisent la galanterie du XVIIIe siècle. Le premier est la vanité. Que cherchons-nous dans le monde, demande un personnage du Sopha de Crébillon, « l’amour? Non sans doute. Nous voulons satisfaire notre vanité, faire sans cesse parler de nous; passer de femme en femme; pour n’en pas manquer une, courir après les conquêtes, mêmes les plus méprisables […] les chercher sans cesse et ne les aimer jamais ».

Le deuxième trait caractéristique de cette galanterie qui est en si mauvais termes avec l’amour, c’est qu’elle est cérébrale. Elle s’apparente étroitement à la stratégie. Les romans reflètent cet état de mœurs et, bien évidement, ce sont Les Liaisons dangereuses qui mettent dans la plus vive lumière la stratégie galante.

Mais le plus surprenant de cette galanterie faite de vanité et de cérébralité c’est -et voici notre troisième trait distinctif- que les femmes semblent s’en accommoder fort bien.

Il reste que dans cet accord des deux sexes sur la légèreté des mœurs, dans cette nouvelle version de galanterie s’est manifestée une grâce incomparable.Verlaine ne voulait pas dire autre chose quand il intitulait Fêtes galantes l’un des plus exquis de ses recueils.

Dans l’ensemble, il faut dire qu’au cours du XVIIIe siècle la galanterie est devenue le contraire de ce qu’elle était à l’origine. Elle était polie et respectueuse, elle est devenue désinvolte; elle était patiente, elle ne songe qu’à la satisfaction immédiate; elle était soumise, elle n’est plus que volonté de triompher. Comment peut-on justifier qu’un même mot couvre des attitudes à ce point contradictoires? Le seul trait commun entre elles est une certaine élégance, une aisance, un enjouement qui signalent l’homme de bonne compagnie, gracieux, sachant parler aux femmes et soucieux de leur plaire. Affaire de gens du monde, qui aiment les femmes et qui ont de l’esprit.

Au lendemain de la Révolution

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